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L'ACCOORD sur le territoire nantais (Association pour la réalisation d’activités éducatives, sociales et culturelles de la ville de Nantes)

ACCOORD 1

 

L’Association pour la réalisation d’activités éducatives, sociales et culturelles de la ville de Nantes (ACCOORD) est une association nantaise  dont  le champ d'action principal recouvre l'extrascolaire. Après une présentation de l’association, Philippe Deplanque, son directeur général,  répond à nos questions sur les enjeux  des politiques éducatives à l'échelon local.


Site de l'ACCOORD

Bref historique


L'ACCOORD est une association nantaise née en 1985 de la volonté de la municipalité de l'époque de rassembler la gestion des centres aérés et des centres socioculturels en une seule association. Auparavant sur le territoire nantais, c'était  des fédérations d’éducation populaire qui  géraient ces activités. En 1989 l'Accoord est en grandes difficultés pour des raisons juridico-financières. La nouvelle municipalité  fait alors le choix de consolider l’association, avec la conviction que les activités périscolaires sont amenées à se développer, notamment dans les quartiers difficiles. Pierre Durand, ancien secrétaire général des Francas,  est nommé à la direction de l'ACCOORD. Cette période voit la professionnalisation du secteur socioculturel nantais,  avec un investissement financier important de la ville.  L’association devient l’opérateur de référence pour la collectivité  dans deux domaines : la gestion des  accueils de loisirs  enfants et adolescents - qui devient un service public délégué- et la gestion des centres socioculturels, via une convention d'objectifs  avec la ville de Nantes et soutenu financièrement par la CAF. Après 2006, une période compliquée s'ouvre  pour l'ACCOORD  durant laquelle la municipalité se questionne sur l’avenir de l’association et plus globalement de l’animation sociale et culturelle sur le territoire nantais (organisation d’assises de l’animation sociale et culturelle en 2010). C’est dans ce contexte  de crise identitaire et financière, que les Francas proposent en 2010  de mettre à disposition un nouveau directeur en la personne de Philippe Deplanque, alors délégué général de la fédération, proposition acceptée par la ville. Les défis sont alors multiples : redresser les comptes de l'association, reconstruire la confiance avec la ville, les élus et  les services, et redéfinir un projet associatif partagé.

Statuts - gouvernance


Les statuts de l'ACCOORD, association de loi 1901, ont été réformés en 2012. Auparavant, la ville avait une position de quasi-monopole dans la gouvernance de l’association. Actuellement  elle possède  une minorité de blocage à l'assemblée générale, elle n'a pas la majorité au conseil d'administration et n'est plus présente au bureau. Le C.A. comprend 3 collèges : un collège de la ville  (8 membres de droit), un collège dit des conseils d'équipement (12 membres représentant les usagers des centres socioculturels) et un collège de personnes qualifiées (2 membres).
ACCOORD 2Les conseils d'équipement sont présents dans chaque centre socioculturel.  Une fois par an est convoquée une assemblée des usagers des centres socioculturels d'où émergent les membres du conseil d'équipement qui, à leur tour, élisent un (e) président(e).

Quelques chiffres


L’ACCOORD est une association fortement professionnalisée qui compte plus de 760 salariés permanents  (580 ETP), avec des pics pouvant aller jusqu’à 1200 salariés l'été. Parmi eux, 350 à 400 animateurs d’accueils de loisirs.  Elle comprend 30 centres d'accueil de loisirs et 19 centres socio-culturels.
Le budget se monte à 26,5 millions d'euros dont : 18 millions provenant de la ville de Nantes  (14 millions correspondant au contrat de délégation de service public pour l'accueil de loisirs et les séjours de vacances ; environ 4 millions correspondant à la convention pluriannuelle de partenariat pour la gestion des centres socioculturels), 6 millions provenant de la CAF (agréments, prestations), le reste étant constitué des cotisations des usagers, des subventions d'autres collectivités.

Quels sont les champs et  périmètres d'intervention de l’ACCOORD ?


P. Deplanque : Les activités de l'ACCOORD recouvrent le champ de l'extrascolaire pour tout ce qui relève de la délégation de service public. Mais depuis 2013 et  la réforme des rythmes, l'ACCOORD gère le mercredi après-midi (temps périscolaire) en prenant en charge les enfants des 118  écoles publiques nantaises jusqu'à l’accueil de loisirs de rattachement et le retour de leurs parents. L'ACCOORD travaille aussi en direction des adolescents fréquentant les 15 collèges publics nantais. Enfin une offre de séjours de vacances est aussi gérée, en lien avec les centres socioculturels.
L’ACCOORD couvre les  11 quartiers qui composent la ville de Nantes et maille ainsi l’ensemble du territoire. Les 30 accueils de loisirs sont  situés, pour 28 d'entre eux, dans les 11 quartiers, les 2 autres sont des centres plein air situés hors de la commune. Enfin, l'offre de service public en direction des adolescents (années collège uniquement) a été entièrement repensée et se déploie actuellement sur  4 «  territoires d'animation ».

Quel  a été l'impact de la réforme des rythmes scolaires sur les activités,  l'organisation de l'ACCOORD ?


P. Deplanque : Nantes a été précurseur dans la réforme des rythmes scolaires, et pour cause ! Il faut rappeler que le premier ministre de l'époque était Jean-Marc Airault, maire de la ville. La conviction était qu'il fallait sortir de la logique des quatre jours de classe. Nous avons travaillé à la mise en œuvre de la réforme avec la direction de l'éducation et Nantes Action Périscolaire (1). Il a  fallu assurer la prise en charge des enfants des écoles publiques. Les écoles privées nantaises, très implantées sur le territoire (25% des enfants du primaire sont scolarisés dans le privé) sont restées pour la plupart à la semaine de 4 jours, ce qui a posé la question de l'accueil de ces élèves-là le mercredi matin. La ville a opté pour un accueil calibré spécifique « au privé » limité  à 300 places. Il a fallu rattacher des centres de loisirs à des écoles, avec un souci de proximité (en bus, cars dédié ou pédibus).
Autre difficulté liée à la réforme : les personnels de l’ACCOORD se sont vus amputer d'une partie de leur temps de travail. Afin d’éviter un plan social, on a travaillé en lien avec Nantes Action Périscolaire (N.A.P.) et la direction de l'éducation pour que le personnel de l’ACCOORD puisse compenser cette perte d’heures autant que faire se peut, auprès de N.A.P et de la Ville.
Concernant les activités proposées, les équipes disposent de moins de temps qu'avant la réforme, ce qui les a un peu déstabilisées. Avec l’aide des Francas nous avons repensé les modes d’animation du mercredi en organisant des chantiers de réflexion. Maintenant que la place de l’activité est jugée moins « centrale »,  la réflexion se porte  davantage sur les espaces d’accueil, les différents temps de l'enfant, notamment les plus jeunes.
Au final, la  réforme des rythmes a  provoqué  un accroissement des places en accueil de loisirs le mercredi après-midi. Actuellement, on est à 2500 places chaque mercredi.

Quelle est l'implication de l'ACCOORD dans le Pedt de Nantes ?


P. Deplanque : Je dirais que le Pedt nantais a été bâti à la va-vite... Il n'a pas été le produit d'un travail partenarial très dense si bien que nous avons du mal à nous y retrouver. C'est pourquoi on milite depuis plus de deux ans pour que la ville décline le Pedt dans chacun des 11 quartiers. Cela permettrait de définir des priorités d’intervention, de mettre en place une gouvernance adaptée pour suivre les enfants les plus en difficulté. Cela permettrait aussi de travailler véritablement de façon partenariale avec les autres intervenants du monde extrascolaire (sport,  culture,  etc.) et périscolaire.  On n'est pas parvenu pour l'instant à établir un discours cohérent  entre le service éducation, Nantes Action Périscolaire et l'ACCOORD. Et pourtant nous nous étions largement investis dans la  réflexion sur les Pedt, la formation des équipes, etc. Du chemin reste à faire... Mais la volonté politique est là,  les investissements aussi, il n'y a pas de raison de ne pas y parvenir !

Sur le terrain,  quelles sont les relations entre l'extrascolaire, le périscolaire et le scolaire ?


P. Deplanque : Il y a bien entendu des liens, beaucoup de choses se passent sur le terrain. 250 de nos animateurs ont un double employeur : ACCOORD/N.A.P. On essaie de tendre à une cohérence des interventions  en établissant des ponts entre les projets, des principes communs. Mais tout cela est encore perfectible.
On a  peu de rapports avec l'Éducation nationale sauf le mercredi midi lors de la prise en charge des enfants. Dans les faits, chaque réalité locale est différente, chacune met en place ce que j’appelle des « accommodements fonctionnels ». Cela se passe plutôt bien dans l'ensemble, sans qu'on puisse dire qu’ existe une véritable  coéducation.

La question de la participation des enfants fait-elle partie des réflexions, des actions menées par l'ACCOoRD ?


P. Deplanque : Bien sûr, d’autant plus que notre partenaire privilégié, les Francas, est très sensible à cette question.  Elle  fait partie de nos projets pédagogiques et des démarches de formation de nos équipes. Elle est même au coeur des projets des centres socioculturels  de la ville, avec des programmes, des manifestations nombreux. Je regrette d'ailleurs que cette question n'apparaisse pas suffisamment dans le Pedt. On se trouve finalement plus en résonance avec les acteurs du  contrat  de ville dans les quartiers politique de la ville qui, eux, ont intégré cette approche participative.

Quelles sont les perspectives ?


P. Deplanque : J’aspire à parvenir à davantage de convergence entre les « outils de l’action éducative locale ». Cette cohérence  serait moteur auprès de l'ensemble des partenaires éducatifs (sport, culture, etc.). Il faut arriver à dépasser les politiques de « boutique » pour arriver à un véritable projet émancipateur pour les enfants qui en ont  le plus besoin.
On est sans doute le premier opérateur d'accompagnement à la scolarité sur Nantes via les centres sociaux (on draine 700 à 800 enfants dans nos ateliers). La mise en œuvre du Pedt dans chaque quartier  gagnerait à s‘enrichir des projets menés par ces centres socioculturels.

Propos recueillis par Anne Francou (novembre 2017)

Note (1). Nantes Action Périscolaire (N.A.P.) est une association loi 1901 créée en 1984, liée à la Ville de Nantes dans le cadre d’un marché public. Elle a pour mission la mise en œuvre de l’animation périscolaire en lien avec la politique éducative de la ville de Nantes. Site officiel : https://www.nantesactionperiscolaire.fr/

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